Pensez-vous que les cédants anticipent suffisamment leur départ et estiment au plus juste la valeur de leur entreprise?
Malheureusement, ils n’anticipent pour la plupart pas assez tôt et d’un
point de vue de la valeur, beaucoup ont une idée faussée par les
hausses spectaculaires et souvent injustifiées, que ce soit dans
l’immobilier comme dans la vente des fonds de commerce. Il ne suffit
pas d’être bien situé ou d’être leader sur son marché pour prétendre à
une valeur indécente. Il y a également la valeur subjective du cédant
qui ne correspond pas toujours à la valeur réelle de l’entreprise. On
se retrouve parfois devant le fait accompli : « je viens de recevoir
mon relevé de carrière, je peux prendre ma retraite, trouvez-moi
quelqu’un, à tel prix ! ». Or, au-delà de la recherche du repreneur
idéal, il faut que l’entreprise soit prête à être cédée. Ce qui n’est
pas toujours le cas. C’est notre rôle, en partenariat avec d'autres
réseaux, comme les experts-comptables, les avocats ou les notaires, de
leur faire prendre conscience de la juste valeur de l’entreprise. Nous
mettons pour cela en place des pré-diagnostics, par lesquels nous
étudions l’entreprise dans son ensemble, d’un point de vue comptable,
d’un point de vue des ressources humaines, de son positionnement sur le
marché, de l’état du matériel, etc. En fonction de tous ces éléments,
nous établissons avec le chef d’entreprise un « plan d’attaque » pour
l’aider à atteindre un certain nombre d’objectifs à court ou moyen
terme en vue de la cession future de l’entreprise.
Quel est votre sentiment sur le volet « Transmissions d’entreprises » du projet de loi sur la modernisation de l’économie ?
Sur le volet transmission, l’essentiel porte sur une baisse de la
fiscalité en matière de reprise (révision des taux et plafonds des
droits de mutation, exonération d’impôts, exonération de droits en cas
de reprise par un salarié…). Je ne peux que saluer ces mesures qui vont
bien évidemment alléger le repreneur d’un point de vue financier. On
peut également saluer la diminution envisagée du formalisme à
l’immatriculation qui bénéficiera aussi aux repreneurs. Maintenant il
ne faudrait pas tomber dans l’effet inverse. A force de faciliter trop
la tâche, on risque d’inciter à la création ou reprise de personnes non
préparées, non accompagnées, et donc de mettre en péril la pérennité
des entreprises. Il faut certes faciliter la transmission, mais
également accroître la formation des repreneurs et la préparation des
cédants. Je regrette cependant ne pas voir dans le texte, pour le
moment, une révision du régime des plus values en faveur des cédants.
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