Quel est votre sentiment sur le volet « Transmissions d’entreprises » du projet de loi sur la modernisation de l’économie ?
Les
deux mesures phares, à savoir la diminution des droits de mutation sur
les cessions de droits sociaux et l'élargissement de la réduction
d'impôt sur les intérêts d’emprunt sont plutôt encourageantes.
Aujourd'hui,
les cessions d'actions sont taxées à 1,1 % (plafonné à 4.000 € par
mutation) et à 5 % pour les cessions de parts sociales (diminué d'un
abattement de 23 000 €).
L'article 15 du projet de loi LME propose
d'harmoniser à 3 % le montant des droits de cessions d'actions ou de
parts de sociétés autres qu'à prépondérance immobilière.
Ce montant
serait plafonné à 5 000 € pour les actions et diminué du même
abattement que celui prévu actuellement pour les parts sociales.
Les droits exigibles sur les cessions de participations dans les sociétés à prépondérance immobilière resteraient à 5 %.
Actuellement, les cessions de fonds de commerce sont taxées au taux de 5 % sur la fraction de prix excédant 23.000 €.
L’article
15 du projet de loi LME propose de ramener ce taux à 3 % sur la
fraction de prix comprise entre 23.000 € et 200.000 € et de le
maintenir à 5 % sur la fraction du prix supérieure à 200 000 €.
L’article
16 du projet de loi LME propose l’exonération des droits
d’enregistrement des cessions de fonds de commerce ou de droits sociaux
représentatifs d’un fond, consenties soit aux salariés de l’entreprise
soit à un proche du cédant (conjoint, partenaire d’un Pacs, ascendants
ou descendants en ligne directe, frères et sœurs).
La valeur du fond ou de ses titres représentatifs devra être inférieure à 300.000 €.
Les
titres, s’ils ont été acquis à titre onéreux par le vendeur, devront
avoir été détenus par ce dernier depuis deux ans au moins.
De
même, pour bénéficier de cette exonération, les acquéreurs s’engageront
à poursuivre leur activité dans l’entreprise pendant 5 ans et l’un deux
devra en exercer la direction effective pendant cette période.
Ces deux mesures d’exonération favoriseront les acquéreurs qui sont redevables des frais de cession.
L
’article 17 du projet de loi LME prévoit que les personnes physiques
fiscalement domiciliées en France pourront bénéficier d’une réduction
d’impôt sur le revenu égale à désormais 25 % des intérêts des emprunts
contractés pour acquérir les titres d’une société non cotée, intérêts
retenus dans la limite de 20.000 € pour une personne seule et de 40.000
€ pour un couple (au lieu de respectivement 10.000 € et 20.000 €
actuellement).
Cette réduction est subordonnée à l’acquisition de 25
% au moins (contre 50 % actuellement) des droits de vote attachés aux
titres de la société reprise.
Ce dispositif s’applique
désormais aux acquisitions réalisées par les membres d’une même famille
(conjoint, ascendants et descendants) ou par plusieurs salariés.
L’obligation de conservation des titres par l’acquéreur jusqu’au 31 décembre de la cinquième année est maintenue.
Cette
mesure supplémentaire va également encourager les cessions à des
acquéreurs qui ont connaissance de l’entreprise, parce qu’ils y
travaillent le plus souvent et sont en contact avec les clients et les
fournisseurs.
La pérennité de l’entreprise devrait donc être préservée.
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