Olivier Gindre, Fondateur d’EPF Partners

Olivier Gindre, Fondateur d’EPF Partners

« Issu de la banque traditionnelle, j’ai ensuite exercé pendant plusieurs années au sein du Crédit National avant d’être détaché à la COB (Commission des Opérations de Bourse). A la fin des années 1980, j’ai rejoint la Financière Saint Dominique (bras armé du Private Equity du Crédit National) en qualité de Directeur des Opérations Financières. C’est dans ce contexte que j’ai créé EPF », nous confiait Olivier Gindre, interviewé par notre rédaction. Portrait d'EPF Partners.

Comment est né EPF Partners?
J’ai créé EPF Partners en 1996 dans le giron du groupe Natixis (Crédit National à l’époque) dans une logique d’une Société de Gestion agréée par l’AMF(Autorité des Marchés Financiers) pour la création et la gestion de Fonds Communs de Placement à Risque spécialisés dans l’activité de Capital Investissement.
Aujourd’hui, Natixis est toujours le sponsor d’EPF, même si l’équipe opérationnelle a pris son indépendance depuis maintenant plusieurs années.

Quelles sont les spécificités des services que vous dispensez aux cédants et repreneurs ?
EPF est spécialisée dans les opérations d’investissements en capital minoritaires, soit en financement de la croissance, soit en acquisition de titres existants. EPF gère en moyenne 20 à 22 participations pour une équipe de 9 professionnels, ce qui représente un ratio extrêmement propice à un suivi rapproché. Notre implication est donc forte dans une logique de partenariat avec le management de nos participations. Cette implication est particulièrement marquée dans les process de structuration des entreprises ainsi que dans les opérations de croissance externe. Bien entendu, la préparation de l’entreprise à une cession ultérieure est un objectif prioritaire commun entre le financier minoritaire et le manager.
Nous recherchons des entreprises en croissance forte et rentables disposant d’une position stratégique solide et dirigée par des entrepreneurs impliqués capitalistiquement dans leur affaire. Une part importante de nos opérations fait à la fois l’objet d’une première ouverture du capital à un partenaire financier et de préparation à une cession industrielle ou financière à échéance 2 à 5 ans. A ce titre, ce sont souvent des alternatives à des cessions financières majoritaires sous forme de LBO.

Pensez-vous qu’une formation avant reprise / transmission d’entreprise soit nécessaire pour une meilleure réussite de la transaction ?
Une opération d’ouverture du capital est une étape cruciale de la vie de l’entreprise : sa préparation détermine très souvent la réussite du franchissement de cette marche et doit donc être préparée sans précipitation. Chez EPF, nous souhaitons consacrer notre énergie à cette phase préalable à l’investissement de prise de conscience commune, de préparation à la vie en partenariat, d’analyse et d’agrément commun aux enjeux stratégiques et à la définition des objectifs qui les sous-tendent.
De même, dans la phase de cession en commun de notre participation, il convient d’être aussi ouvert que possible à toutes les sources d’information et de formation des managers qui vont assurer la transmission capitalistique.

Quelles sont les attentes des cédants et repreneurs aujourd’hui ? Pensez-vous que les cédants anticipent suffisamment leur départ et estiment au plus juste la valeur de leur entreprise ?
Concomitant aux enjeux patrimoniaux et d’évaluation pour les cédants et les repreneurs, enjeux qui se situent naturellement dans deux sphères distinctes mais parallèles, une des principales évolutions de cette dernière décennie réside dans le soucis accru de part et d’autre de respecter la personnalité de l’entreprise, sa culture, ses sensibilités, son mode de gestion. A ce titre, une cession n’est pas un simple transfert capitalistique : sa réussite passe clairement par un passage de flambeau efficace et respectueux. Apporter de la valeur ajoutée au fonds de commerce existant devient prioritaire pour optimiser la rentabilité de l’investissement.
Dans ce contexte, EPF privilégie des opérations intermédiaires permettant de préparer une cession future : une opération de cession partielle, généralement avec effet de levier, ouvrant le capital à l’un de nos Fonds, permet aux dirigeants majoritaires de sécuriser une part de leur patrimoine tout en conservant le contrôle de leur affaire, de préparer dans de bonnes conditions un adossement futur, de laisser le temps à l’entreprise de valoriser au mieux dans cette cession future ses enjeux stratégiques.

Quel est votre sentiment sur le volet « Transmissions d’entreprises » du projet de loi sur la modernisation de l’économie ?
Le projet va dans le bon sens, mais ce n’est qu’une étape dans le process de fluidité du capital et du travail. Par ailleurs, tout reste à faire pour faire apprécier l’Entreprise par le citoyen à sa juste valeur dans son rôle de création de valeur pour l’économie.

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